Roger Chaumont décoré par Jacques Reix lors d'une récente cérémonie commémorative du 8 mai.

Roger Chaumont décoré par Jacques Reix lors d’une récente cérémonie commémorative du 8 mai.

Dernier hommage à M. Roger Chaumont, ancien adjoint au maire. (Allocution prononcée par Jacques Reix lors des obsèques).

« On ne résume pas en quelques mots une vie et un parcours, mais il me revient la responsabilité, l’honneur et la douleur de saluer sa mémoire et d’exprimer au nom d’une population, des élus d’hier et d’aujourd’hui, de ses anciens amis du monde associatif, les sentiments d’émotion et de reconnaissance.

Roger naît le 4 janvier 1919 dans le village de Saussignac. Issu d’une famille d’agriculteurs il travaille dans l’exploitation familiale, pratique le basket et la course à pied. Hélas, sa jeunesse va être marquée par la douloureuse période de guerre.

Il n’a que 20 ans lorsqu’il est mobilisé. Incorporé dans une unité de chars d’assaut en mai 1940, il monte vers le front avec son régiment, au moment où l’Allemagne déclenche son offensive sur la Belgique et la charnière des Ardennes. Les blindés allemands déferlent sur la France. L’armée française doit se replier. C’est la déroute.

Roger est fait prisonnier avec ses camarades puis interné au Fort de Montrouge au moment où Paris est déclaré « ville ouverte ».

Trois mois plus tard, il réussit l’exploit de s’évader et rejoindre son village natal. Il est malgré tout réincorporé dans l’Armée de l’Armistice et détaché sur la ligne de démarcation au pont de la Lidoire avec une unité du 26ème Régiment d’infanterie. Il y est encore présent le 11 novembre 1942, lorsque les troupes d’occupation allemandes stationnées à Castillon, envahissent la zone libre.

Entre temps, il a épousé une jeune fille de Port-Sainte-Foy, Simone Laclotte.

Après trois années sous les drapeaux, Roger se retire en famille à la ferme de Faurel à Port-Sainte-Foy.

Le 16 août 1944, alors que les combats prennent fin dans Sainte-Foy entre forces d’occupation et de Résistance, une unité allemande occupe encore Port-Sainte-Foy. Lors d’une altercation avec un fantassin allemand, Roger est grièvement blessé d’une décharge de fusil tiré à bout portant.

Evacué dans des conditions atroces et périlleuses vers l’hôpital de Sainte-Foy, car il faut prendre un bac après le dynamitage des ponts sur la Dordogne , il sera sauvé par l’équipe médicale du Docteur Courriades.

Reconnu grand mutilé de guerre par l’Office National des Anciens Combattants, Roger Chaumont devient membre du Comité de Libération de Port-Sainte-Foy.

Président charismatique du comité des fêtes de Port-Sainte-Foy (fête du printemps et fête locale), il est élu au conseil municipal en mars 1965. Pendant 30 ans, il occupera les fonctions d’adjoint au maire aux côtés de Roger Penisson puis de Elie Philit.

Ardent républicain, Roger est toujours resté fidèle à ses convictions politiques.

Ses proches, mais aussi beaucoup de ses amis l’appelaient familièrement et affectueusement «tonton».

Une page vient de se tourner.

Roger, maintenant, tu vas reposer auprès de ta chère épouse.

A Mme Georgette Laclotte sa belle-soeur, à ses nièces, neveux et leurs enfants, à ses nombreux amis, nous exprimons toute notre sympathie.

Roger, nous garderons de toi, le souvenir d’un homme de conviction, d’amitié et de simplicité qui a marqué profondément la vie de Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt. »