Christian RAUCOULE en 2010

En 2010, Jacques REIX (à droite) remet à Christian RAUCOULE (à gauche) la médaille de Citoyen d’honneur de la commune à l’occasion du 50ème anniversaire de la fusion entre Port-Sainte-Foy et Ponchapt.

Afin de rendre hommage à M. Christian RAUCOULE (16 février 1936 – 15 novembre 2019), citoyen d’honneur de la commune, voici le texte écrit par Didier LE MARREC, son gendre, et lu durant la cérémonie religieuse :

I – Le parcours d’un homme généreux

Nous ne pouvons pas rendre hommage sérieux à Christian sans parler de son parcours, d’où il vient pour entrevoir qui il était…

Christian est né en Dordogne, à Gardonne le 16 février 1936. Issu d’un milieu modeste, il a grandi entouré de Gabriel, son père et de Erida, sa mère. Ses parents étaient déjà des personnages attachants, respectés et tournés vers les autres.

Les chiens ne font pas des chats !  Il restera toute sa vie attaché à son village, ce village, Ponchapt… Il y avait ses racines, son ancrage de cœur.  Par atavisme familial, il y faisait du théâtre, organisait la fête du village, programmait des excursions. C’est à lui encore que nous devons le jumelage de Ponchapt avec la ville de Boigny sur Bionne, dans le Loiret (45). Cela noua une très grande amitié avec Claude BOUIN et sa famille.

Déjà, dès la maternelle Arlette, son épouse dévouée était là, sur le même banc d‘école !

Comme beaucoup de jeunes hommes de son époque, Christian est parti en Algérie, comme beaucoup de jeunes hommes qui y ont vu des choses terribles, il n’en parlait jamais.

A sa démobilisation, il épouse Arlette, et ensuite venait au jour une très jolie petite brune, leur fille Christine.

Il prenait du service à Cazaux en qualité de technicien, puis d’ingénieur radar. Sa vive intelligence, son grand professionnalisme, le fit remarquer de ses supérieurs. Il lui fut proposé de prendre la direction du Pas de tir de Kourou en Guyane.  Alors, qu’une telle nomination ne se refuse pas, Christian décline cet honneur et la paie confortable qui va avec.

Partir loin sans pouvoir venir tous les WE à Ponchapt n’était pas envisageable pour lui. L’argent et les honneurs n’ont jamais fait partie de son équation de vie.

Il démissionne !

Il devient donc directeur de la Maison des Jeunes du Grand Parc à Bordeaux et sa quête devient désormais de s’occuper des enfants des cités perdues (il était déjà un précurseur en matière d’ingénierie radar, il devait l’être aussi dans l’art de soucier des jeunes dans la cité).

Il devait ensuite devenir le Directeur, puis le Président d’une structure de formation au sein de laquelle il a aidé nombre de personnes à trouver leur chemin dans le cadre du développement des pays principalement ruraux. Une fois encore il était un précurseur.

La retraite ne l’a jamais laissé inactif, plongé dans les livres et dans la volonté de soulager les maux de ses frères en humanité.

Tel est le parcours d’un HOMME VRAI, DISCRET, ET SINCÈRE.

II – Une vie remplie des autres

Christian a eu une vie bien remplie et utile pour les autres. Il a eu deux grandes chances dans son existence :

> De faire ce qu’il avait envie de faire, écoutant sa conscience son cœur mais aussi sa volonté.

> D’avoir son épouse comme soutien indéfectible, celle qui n’a jamais brisé ses choix professionnels et personnels, même lorsqu’ils apparaissaient risqués.

Il avait aussi mis sa confiance en Dieu, et cela, comme il était, c’est-à-dire sans ostentation, avec une profondeur véritable. La religion est une chose personnelle qu’il n’a jamais tenté d’imposer aux autres, autrement que par son exemplarité de vie.

Avec son grand amour des livres, il aimait raconter, à l’oreille turbulente de sa fille, des poésies. Elle se souvient de Prévert et d’autres

« Il est terrible, Le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain

Il est terrible ce bruit, Quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim »

Même les poèmes qu’il aimait à réciter le menait vers les autres, ceux à qui, il n’a jamais cessé de tendre la main.

Arlette, sait combien de pauvres hères ont eu le gite et le couvert au sein du logis familial. Arlette et Christian RAUCOULE ont toujours fait preuve d’humilité, de générosité et n’attendaient rien en retour.

Et, bien des enfants de la Maison des Jeunes, devenus adultes aujourd’hui, pourraient, vous conter les feux de camps, les balades à cheval, les randonnées…  Et surtout, comment grâce à Christian, ils n’ont pas mal tourné !

A de nombreuses occasions, sa générosité discrète, lui a fait prendre en charge, à Ponchapt, sur ses propres deniers, ces enfants, qui n’avaient jamais eu de vacances.

Il avait également une passion pour Montaigne, qu’il aimait à partager lors de ses fameuses « Universités d’été ». C’est à lui que l’on doit la statue de Michel de Montaigne que vous pourrez admirer sur la place, en sortant de cette église.

Il avait l’amitié solide, et le départ de notre grand ami Bernard Cordelier, lui aussi un homme simple au grand cœur, lui a causé, comme à nous tous, un grand chagrin.

Sans parler des beaux souvenirs, des parties de pêches, de cueillettes de champignons, au lever du jour, dans le silence de l’aube, avec des regards qui rendent les mots inutiles, car ils font comprendre que vous êtes aimé comme un fils.

Son état d’être s’est toujours traduit par des actes, car il est de ceux qui ne disent pas, mais qui font. De même, sa foi s’est toujours traduite dans l’Espérance et la Charité. Il avait à l’esprit comme au cœur le soin de « faire aux autres le bien qu’il aurait voulu qu’on lui fasse ».

Il avait l’intelligence vive, mais celle aussi du cœur, celle que Saint- Exupéry décrit dans le Petit Prince : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

Christian, notre Christian a été pour nous un passeur de Lumière, celle qu’il portait en lui.